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enseignement

  • Recherches pour élèves sur la Grande Guerre

       "C'est un mythe que les Flamands qui défendaient leur langue sur le front de l'Yser furent implacablement traduits devant des tribunaux militaires francophones". Tel est le constat de l'historien du droit Jos Monballyu, professeur à la Katholieke Universiteit te Leuven (KULeuven), dans le cadre d'une étude basée sur les dossiers pénaux de la Grande Guerre [1]. Il en ressort que peu nombreux furent les militaires poursuivis pour leur engagement flamand supposé et qu'on ne trouve pas trace d'un quelconque arbitraire judiciaire.

       Ce n'est pas le premier travail qui met à rude épreuve des clichés d'autant plus ancrés qu'ils ont fait et font toujours l'objet d'instrumentalisations politiques. A leur critique se sont attelés depuis belle lurette un Lode Wils, de la même université, et plus récemment l'historienne de référence sur 14-18 qu'est Sophie De Schaepdrijver (Pennsylvania State University, Vrije Universiteit Brussel). Celle-ci s'est expliquée, dans un entretien, sur l'origine de sa démarche: "Je suis un produit de la réforme de l'enseignement de l'histoire. Je n'hésite pas à dire que l'histoire fut alors entièrement refondue, et que pendant mes six ans d'enseignement secondaire je n'ai strictement rien appris. Tout ce qu'on m'a enseigné, ce sont ces mythes. Par exemple, que sur l'Yser des soldats flamands mouraient parce qu'ils ne comprenaient pas les ordres donnés en français. J'y croyais dur comme fer, puisqu'on me l'avait répété pendant des années. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris que c'était au fond un mythe – comme il y en avait tant d'autres" [2].

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  • La thèse, l'image et la fête: un cocktail de fin d'études aux temps modernes

        En 1674, au cours d'un débat présidé par le philosophe et théologien Jean Lacman, l'étudiant Philippe Leerse défend ses travaux de fin d'études à l'Université de Louvain. Il les a dédiés à son protecteur Macaire Simeomo, abbé de Saint-Michel à Anvers, ainsi qu'en témoigne une affiche conçue par Erasmus Quellinus et gravée par Richard Collin. Des personnifications de la Logique, de la Physique et de la Métaphysique, jointes à un ange représentant l'Ethique, y entourent le candidat. Celui-ci s'incline respectueusement et tient une grande feuille contenant la dédicace. Les figures allégoriques présentent à l'abbé, siégeant sur un trône, les conclusions de la thèse inscrites sur quatre médaillons. Le postulant donateur est ainsi introduit auprès de son patron.

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  • De l'(in)utilité de l'histoire

       "Nous défendons avec force la présence d'un cours de formation historique à part entière, dans l'enseignement primaire et secondaire, et nous refusons fermement qu'il soit noyé dans un vaste cours de sciences humaines aux contours flous et incertains". Ainsi s'exprimaient, dans une opinion récemment publiée par la Libre Belgique, les professeurs membres de l'association Histoire et Enseignement, réagissant à un des scénarios envisagés pour les programmes en Communauté française de Belgique dans le cadre du "Pacte pour un enseignement d'excellence" [1]. Le projet ici dénoncé est déjà en partie réalité dans les établissements secondaires du réseau libre confessionnel. Depuis 1979, en effet, l'histoire comme telle, pendant les deux premières années (premier degré commun), y a été absorbée par l'étude du milieu "qui intègre les dimensions suivantes: l'homme, l'espace, le temps et des aspects socio-économiques" [2]. L'enseignement technique et professionnel a suivi des voies similaires. Mais l'idée même d'une telle intégration remonte plus loin encore...

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