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brabant

  • Dans le bois quoi qu'il y a ? Des frontières intérieures du Brabant médiéval

       Située dans le triangle formé par Eindhoven, Tilburg et Bois-le-Duc ('s-Hertogenbosch), la Forêt verte (Groene Woud), domaine protégé depuis 2005, appartient à la province néerlandaise du Brabant septentrional. Comme son nom en fait mémoire, cette dernière fit partie intégrante du duché de Brabant jusqu'à la reconnaissance, en 1609, de son appartenance aux Provinces-Unies, séparées des Pays-Bas du Sud à la suite de l'insurrection calviniste. Aussi les murs de terre séculaires particulièrement remarquables, bien visibles par endroits dans cette zone naturelle, sont-ils riches d'enseignements pour notre histoire commune. A l'initiative de la Fondation Brabantse Bronnen (Sources brabançonnes), ceux des bois de Velder et des Geelders, dans la commune de Boxtel, ont fait l'objet de fouilles en tranchées [1].

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  • Une église brabançonne au rythme des croisades

    brabant, Godefroi de Bouillon, Genappe, croisades, abbaye de Saint-Hubert, ordre souverain de Malte, abbaye d'Aywières   Même si l'encyclopédie Larousse en ligne n'en doute pas, la naissance de Godefroi de Bouillon à Baisy (aujourd'hui Baisy-Thy, commune de Genappe), affirmée fièrement par une stèle commémorative dans l'église locale, est plus que sujette à caution pour les médiévistes. Selon Philippe Annaert, à la suite de Georges Despy, il faut y voir "une construction délibérée des nouveaux ducs de Brabant pour s'offrir à peu de frais une illustre généalogie en intégrant à leur lignée à la fois le pseudo "roi" de Jérusalem et sa sainte mère, Ide de Boulogne" [1]. Au XIXè siècle, quand triomphait l'histoire nationaliste et romantique, la question fit l'objet de querelles homériques entre érudits français tenant pour Boulogne, dont les comtes détenaient les terres genappiennes en alleu, et leurs collègues belges soutenant mordicus une origine brabançonne. "N'ayant aucun goût pour les horions, il nous répugne de trancher en aussi périlleuse matière", écrivait encore Pierre Aubé dans sa biographie de Godefroi publiée il y a un peu plus de trente ans [2]!

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  • La mémoire brabançonne de Waterloo

       Les armes venaient à peine de se taire sur la "morne plaine", on venait à peine d'y ramasser les blessés et les morts que Waterloo attirait déjà ses premiers visiteurs. On les vit dès l'été 1815. Lord Byron et Walter Scott figuraient parmi eux. Un véritable circuit allait se mettre en place avec pour point de chute la ferme de la Belle-Alliance, promise à un succès inversement proportionnel à son rôle réel dans la bataille. Le premier hôtel, après la construction de la butte du Lion, fut ouvert par le sergent-major britannique Cotton, qui le dota d'un petit musée. Le succès du site n'allait plus jamais se démentir par la suite.

       Reflet d'un temps que l'on veut révolu, celui des guerres qui déchirèrent notre continent, ce lieu de mémoire ­– et de tourisme fructueux – est aussi souvent apparu comme un lieu de célébration paradoxale du vaincu dont l'épopée fascinait les esprits romantiques. On y revit, en outre, le dernier grand affrontement avant l'ère des guerres industrielles. "En 1815, les machines ne dominent pas encore la guerre de bout en bout, explique Bruno Colson (Université de Namur) dans un recueil d'études publié à l'occasion du bicentenaire [1]. Le rôle de l'homme est toujours fondamental, celui du cheval aussi. Waterloo clôt une époque où la guerre n'est pas encore dépersonnalisée, où elle offre encore un spectacle digne d'être peint ou reconstitué".

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