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Politiques

  • Guy de Brès, le ténor tragique du calvinisme

    PASBEL20180621a.jpg   Dans la nuit du 1er novembre 1561 à Tournai, un groupe d'hommes s'approche du château du gouverneur de Hainaut. Par-dessus le mur, vers la cour intérieure, ils lancent plusieurs exemplaires d'un livre dont l'auteur, Guy de Brès, fait partie de l'équipée. Objectif: que le roi Philippe II et sa gouvernante aux Pays-Bas Marguerite de Parme en reçoivent un exemplaire. L'ouvrage est intitulé Confession de foy, traduit en latin sous le titre Confessio Belgica. Il se veut un compendium de la foi des réformés, partiellement inspiré de la Confession française dite de La Rochelle. Dans une lettre d'accompagnement, des Tournaisiens gagnés à "la pureté de la doctrine" se plaignent des persécutions subies. "Nos ennemis vous ont rempli les oreilles de tas de faux rapports", écrivent-ils dans l'espoir d'être lus à l'Escurial.

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  • Une "Muette de Portici" fort peu révolutionnaire

    Ce n'est pas le moindre des paradoxes: La muette de Portici, l'opéra d'Esprit Auber créé en 1828 et qui mit le feu aux poudres de la Révolution belge le 25 août 1830, n'était nullement de nature à y inciter. Il relate certes une révolte, celle de la population de Naples contre les Habsbourg d'Espagne en 1628, mais il se garde bien de l'exalter. Le livret d'Eugène Scribe et Germain Delavigne confère au soulèvement des motifs d'ordre personnel et non politique. Le pêcheur Masaniello donne le signal de l'insurrection après avoir appris que sa sœur muette Fenella, personnage ajouté à l'histoire, a été déshonorée par le fils du vice-roi, lequel se révélera accessible au remords. Les violences des Napolitains n'ont rien à envier à celles des Espagnols qui les répriment. Le vice-roi demeure hors de la trame et ne peut donc être mis en cause. L'aventure, en outre, finit mal pour les insurgés qui sont défaits alors que leur meneur meurt empoisonné par un des siens qui a vu en lui un traître et un tyran potentiel. Il n'est pas jusqu'au Vésuve en éruption, dans lequel le désespoir précipite Fenella, qui ne manifeste le désaccord de la nature avec la rébellion!

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  • Catholique, Flamand, Belge: les combats de Tony Herbert

       Le clivage qui, dans le Nord de la Belgique, traverse les paysages politique et économique – le social et le culturel nettement moins – ne date pas d'hier. Dans les années '30 du siècle dernier déjà, on pouvait parler d'une tendance radicale flamande, fédéraliste (ou plus si affinité), incarnée notamment par l'Anversois Lieven Gevaert, premier président du Vlaams Economisch Verbond, par ailleurs à la tête d'une firme devenue mondiale dans le secteur de la photographie. En face s'affichait un courant modéré, belge unioniste, représenté entre autres par Léon-Antoine Bekaert, patron d'une entreprise métallurgique en grande expansion établie à Zwevegem, associée avec la famille Velge (francophone), collaborant avec Ougrée-Marihaye et Cockerill en terres liégeoises. Après la Seconde Guerre mondiale, ces différences se sont affirmées particulièrement au sein du CVP (Parti social-chrétien flamand) où un Gaston Eyskens prolongea à sa manière la ligne Gevaert alors qu'un Théo Lefèvre s'inscrivait dans celle de Bekaert.

       Il est aussi des trajectoires qui, dans les mêmes décennies, sont passées d'une extrémité à l'autre du spectre communautaire. Telle fut celle d'Antoon Herbert, dit Tony, dont un ouvrage collectif né d'un colloque éclaire les multiples facettes [1].

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