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Politiques

  • L'autre âge d'or de la gauche ultra

       A l'heure où les sondages promettent une percée électorale d'appréciable ampleur au Parti du travail de Belgique (PTB), il n'est pas sans intérêt de revenir sur cet autre âge d'or de l'extrême gauche – appelée aujourd'hui gauche radicale – que furent les années '70 du siècle dernier, dans le sillage de Mai 68. Le contexte très particulier de l'immédiat après-guerre n'autorise guère, en revanche, le parallèle avec le précédent temps fort que fut le raz-de-marée du Parti communiste de Belgique (PCB) aux élections législatives de 1946, d'où il sortit troisième parti du pays (23 sièges, devant les libéraux qui en comptaient 17). La vague rouge déferlante après nos golden sixties n'a guère eu, pour sa part, de répercussions dans les urnes. C'est davantage par le foisonnement des nouveaux partis et mouvements alternatifs qu'elle se caractérise.

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  • Les ducs de Bourgogne, recours des réprouvés

       Sauf à être un incurable malfrat, qui ne rêve, après avoir fauté, d'un coup d'éponge pour effacer l'ardoise judiciaire, retourner à la case départ, recevoir une seconde chance ? Dans l'Europe chrétienne où s'est déployée la culture du pardon, les souverains ont reçu ce pouvoir. Il y a la grâce qui remet ou atténue la peine encourue. Il y a aussi la rémission qui va plus loin en restituant à l'individu sa renommée (fama), permettant ainsi sa réinsertion dans la société. La prérogative est royale mais non exclusivement. Nombre de princes territoriaux l'exercent également.

       Marie Nikichine (Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier) a ainsi retrouvé, dans les Archives départementales du Nord de la France, 87 lettres de rémission délivrées par le comte de Flandre et concernant les seuls habitants de Douai, alors ville flamande, entre 1371 et 1493. Les Archives municipales en conservent également [1]. Plus récemment, Rudi Beaulant (Université de Bourgogne) s'est investi dans l'activité rémissive des ducs de Bourgogne, analysant particulièrement la phraséologie qui lui est liée, laquelle fait ressortir "l'image que renvoient ces lettres du bon sujet, mais aussi du prince justicier" [2]. C'est ce travail qui retiendra ici notre attention.

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  • L'étranger sodomite, mythe ou réalité ?

       A l'instar de Sodome et Gomorrhe, la ville a été et demeure perçue comme le refuge des comportements hors normes, auxquels sa densité garantit des complicités en grand nombre ainsi qu'un anonymat aisé et commode. Les citadins et leurs autorités, pourtant, ne reconnaissent pas volontiers ces réalités, sauf à les imputer à de mauvaises influences extérieures. Il paraît logique, dans ces conditions, que la justice ait la main plus lourde quand elle a affaire à un déviant étranger. Dans les périodes de malaise particulièrement, cibler le dissemblable constitue un moyen efficace de (res)souder la communauté.

       Telle n'est cependant pas la conclusion de Jonas Roelens (Université de Gand) au terme de l'étude qu'il a consacrée à la répression de l'homosexualité, du XVè au XVIIè siècles, à Bruxelles et dans les principales villes de la Région flamande actuelle (Anvers, Bruges et son arrière-pays, Gand, Louvain, Malines, Ypres) [1]. Basé sur les comptes des baillis, qui sont dotés des compétences administratives et judiciaires à l'échelon local, ce travail prend certes la mesure du durcissement des pouvoirs aux temps modernes envers le "péché contre-nature". Alors que le Moyen Age condamnait l'acte sans beaucoup agir contre les personnes, la peine de mort prévue par Le Lévitique (20:13) revient en force (bûcher, étranglement…). Néanmoins et contre toute attente, il apparaît qu'on n'encourt pas davantage les foudres de Thémis dès lors qu'on n'est pas natif du lieu. "Les étrangers, relève l'historien, furent plus vulnérables aux accusations de sodomie, non à cause de leur origine au sens strict, mais à cause de leur position sociale fragile".

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