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Moyen Age

  • Un village des dunes à Coxyde

        Si les ruines et le musée de l'abbaye Notre-Dame des Dunes, fondée au début du XIIè siècle, attirent de nombreux visiteurs, bien peu savent qu'un village s'est aussi élevé dans son voisinage, en d'autres temps et lieux que la localité actuelle de Coxyde. A la différence des fondations et des dépendances de l'impressionnant complexe cistercien, la bourgade médiévale ne révèle que peu à peu ses vestiges sous les pelles et les piochons des archéologues. Constituée autour d'une petite cour seigneuriale, elle se trouvait dans les dunes, à partir de 300 mètres de la limite séparant celles-ci des polders. Un embranchement disparu de l'Yser, débouchant dans la mer du Nord, passait par là. Les habitations, suppose-t-on, devaient être de type rural et dispersées.

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  • Naissance et baptême de Bruges

       La naissance de Bruges demeure en grande partie nimbée de mystère. Elle n'a pas fini de fournir aux historiens matière à débats, d'autant que s'y greffent les thèses contradictoires des uns et des autres quant à la genèse même des villes. Pas d'antécédents romains ni mérovingiens en tout cas: aussi, à l'encontre de ce qu'on a longtemps cru, est-il improbable que la "municipium Flandrense" dont il est question dans la Vita Eligii, une vie de saint Eloi datée de la seconde moitié du VIIè siècle ou du début du VIIIè, se réfère déjà à Bruges. Oudenburg constitue ici un candidat beaucoup plus crédible, notamment pour avoir été un castellum de l'Antiquité tardive auquel peut, en effet, s'appliquer le terme alors en vigueur de municipium.

       Où trouver dès lors la plus ancienne mention de Bruges ? Nombre de travaux de vulgarisation évoquent un texte de 892 [1], mais il semble bien, au vu des éléments rassemblés par Georges Declercq (Vrije Universiteit Brussel et Université libre de Bruxelles), qu'on puisse aujourd'hui reculer le curseur de quelques décennies [2].

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  • La fête médiévale pleine de sens

       De tout temps, les carnavals et autres fêtes des fous ont compté, parmi leurs fonctions notoires, celle de dire leur fait à ceux qui le méritaient. Magistrats corrompus, seigneurs impitoyables, clercs aux mœurs dissolues… en prenaient pour leur grade. Il y avait là un fond très moral: les satires, même de mauvais ton, donnaient une leçon d'humilité et de sagesse populaires à ceux qui en faisaient les frais, tout en consolant leurs acteurs et spectateurs d'être parfois si mal dirigés. Mais un autre rôle, autrement important que celui d'une soupape de sûreté, peut être mis en évidence: celui de ciment de la vie commune, fût-ce en toute légèreté et sans avoir l'air d'y toucher. Un projet de recherche en cours à l'Université d'Utrecht vise à éclairer sous cet angle la culture festive du Moyen Age finissant et la production littéraire qui lui était liée [1].

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