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Economies

  • Naissance et baptême de Bruges

       La naissance de Bruges demeure en grande partie nimbée de mystère. Elle n'a pas fini de fournir aux historiens matière à débats, d'autant que s'y greffent les thèses contradictoires des uns et des autres quant à la genèse même des villes. Pas d'antécédents romains ni mérovingiens en tout cas: aussi, à l'encontre de ce qu'on a longtemps cru, est-il improbable que la "municipium Flandrense" dont il est question dans la Vita Eligii, une vie de saint Eloi datée de la seconde moitié du VIIè siècle ou du début du VIIIè, se réfère déjà à Bruges. Oudenburg constitue ici un candidat beaucoup plus crédible, notamment pour avoir été un castellum de l'Antiquité tardive auquel peut, en effet, s'appliquer le terme alors en vigueur de municipium.

       Où trouver dès lors la plus ancienne mention de Bruges ? Nombre de travaux de vulgarisation évoquent un texte de 892 [1], mais il semble bien, au vu des éléments rassemblés par Georges Declercq (Vrije Universiteit Brussel et Université libre de Bruxelles), qu'on puisse aujourd'hui reculer le curseur de quelques décennies [2].

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  • La construction à l'ère du management

       En décembre 1931, un groupe de 250 entrepreneurs généraux visite le chantier du premier tunnel sous l'Escaut à Anvers, guidé par des collègues mais aussi des ingénieurs représentant des entreprises telles que les Pieux Franki, De Wandre, Melard, Van Hauwaert, Maistriau, Van Overloop… L'initiative, due à l'associatif professionnel et visant à favoriser le transfert des savoirs, est réitérée en 1935, cette fois à Bruxelles, sur le plateau du Heysel où on bâtit le palais des Expositions. Mais les relations entre les métiers de la construction sont loin d'avoir été toujours à aussi beau fixe…

       Le secteur a connu une croissance impressionnante. De 21.000 en 1846, le nombre de personnes qui y sont employées est passé à plus de 150.000 en 1937 (de 1,5 à 4,6 % de l'emploi global) et il se sera encore accru de plus de 100.000 unités en 1961. Cette évolution est allée de pair avec l'émergence de la fonction de l'entrepreneur général en tant que gestionnaire de l'organisation et de l'exécution des projets. Une redéfinition et une redistribution des responsabilités entre les différentes compétences concernées en ont résulté. Les architectes ont ainsi cessé d'être impliqués dans tout le processus de la construction, comme c'était encore le cas au début du XIXè siècle, en vertu d'usages séculaires confirmés par le Code civil de 1804. Les tensions liées à ces changements, entre acteurs ainsi qu'entre nouvelles pratiques et cadre légal, constituent un des thèmes les plus récurrents relevés par Jelena Dobbels et Inge Bertels dans leur étude de contenu de la presse spécialisée et des organisations des entrepreneurs [1].

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  • Pourquoi pas un parti paysan ?

       Eglise/Etat, possédants/travailleurs, centre/périphérie, agriculture/industrie: tels sont, selon les sociologues et politologues Seymour Martin Lipset (Etats-Unis) et Stein Rokkan (Norvège), les quatre lignes de clivage qui ont structuré en grande partie la vie politique dans nos pays. Et pourtant, la dernière dichotomie citée n'a jamais trouvé, en Belgique, de concrétisation dans l'existence d'un parti spécifique. Paradoxe ? Quand le Parti ouvrier belge voit le jour en 1885 (possédants/ travailleurs), plus d'un tiers de la population active est encore attelé à la culture et à l'élevage, sans qu'il y ait une formation vouée à la défense de ses intérêts.

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