Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Depuis 1830

  • Mgr Van Bommel, un catholique social face au communisme

    PASBEL20171111.jpg    L'anniversaire ne pouvait passer inaperçu. Il y a ces jours-ci cent ans que la fraction bolchevique menée par Lénine s'empara du pouvoir en Russie. Le régime qui en résulta allait compter un certain nombre de réalisations sociales et culturelles à son actif. Mais au caractère totalitaire et oppresseur du "socialisme réel" ainsi qu'à ses piètres performances économiques allait s'ajouter un coût humain sans précédent: il serait proche des cent millions de morts, hors des guerres civiles et étrangères, pour l'ensemble des pays où s'imposa l'idéologie marxiste-léniniste, selon le Livre noir du communisme (Robert Laffont, 1997).

       Près de 70 ans avant l'événement de 1917, en février 1848, le spectre "hantait" déjà l'Europe, aux dires de Marx et Engels qui signaient alors le Manifeste du parti communiste. Fait remarquable: le même mois, le 18 exactement, l'évêque de Liège Mgr Corneille Van Bommel publiait un mandement, destiné à être lu en chaire, où il évoquait la "grande catastrophe" que constituerait la mise en œuvre des "doctrines empoisonnées du communisme", appelant les fidèles à leurs devoirs "à l'approche des dangers qui menacent la religion et la société". Philippe Dieudonné (Université de Liège) s'est livré à une recherche, notamment dans les Archives de l'évêché, sur cet écrit, sa genèse et son contexte [1]. Il en ressort que si le prélat ne pouvait imaginer l'ampleur des tragédies du XXè siècle et si les contre-feux qu'il préconisait, considérés rétrospectivement, n'étaient guère à la hauteur du défi, il ne manqua cependant pas de clairvoyance sur bien des points.

    Lire la suite

  • Maraudages et braconnages au temps de Louis Rouget

       Le 22 février 1845, une cinquantaine de personnes menées par un aide-maçon de Torhout, Francis Verhaeghe, vont couper un taillis qui appartient au bureau de bienfaisance de la commune. Le meneur est condamné à une peine d'un mois de prison. L'année suivante, un nouveau dossier est ouvert contre le même homme, accusé cette fois de s'en être pris à l'arbre de la liberté dressé sur la Grand-Place.

       Considéré à partir de nos critères judiciaires actuels, le cas peut paraître banal. Il l'est pourtant moins à l'époque, car pour les mêmes faits, quelques décennies auparavant, aucune poursuite n'aurait été intentée. Entre-temps, en effet, est intervenu ce que des historiens et au moins un contemporain fameux, à savoir Karl Marx, ont pu qualifier de "criminalisation des pratiques coutumières", ici le prélèvement du bois. Les fruits de la terre – à distinguer de la terre elle-même – avaient jadis une destination en principe universelle. Ils l'ont à présent perdue.

    Lire la suite

  • La nostalgie des grands Pays-Bas

       Du soutien à l'installation de John Cockerill en bord de Meuse à la fondation des Universités de Gand et de Liège, sans parler de la refondation de Louvain sous statut public, les bicentenaires célébrés en 2017 remettent en relief le rôle joué par Guillaume Ier d'Orange-Nassau dans nos contrées après que le congrès de Vienne l'y avait appelé à régner. Il y a 80 ans déjà, Robert Demoulin dressait un vaste bilan de l'action du Souverain en faveur de la transformation économique des provinces belges [1]. L'historiographie, naturellement plus encline à rechercher les griefs qui expliquent la Révolution de 1830, fit longtemps peu de cas de cette dimension. Elle ignora ou minimisa tout autant, pour les mêmes raisons, l'existence et la persistance en Belgique d'un courant opposé à la scission du Royaume-Uni des Pays-Bas. Il aura fallu, pour que soit prise toute la mesure de cet orangisme belge, l'étude volumineuse que lui a consacrée récemment Els Witte, professeur émérite de la Vrije Universiteit Brussel [2].

    Lire la suite