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Culture

  • Un prince du XIIè siècle en Amérique ? Ce n'était pas qu'un rêve…

    PASBEL20170930a.jpg   Dans le catalogue des sessions de formation proposées aux enseignants par l'Associatie KULeuven, l'une est intitulée "Madoc et la poésie du non-sens au Moyen Âge". Il s'agit d'amener les élèves à déchiffrer une partie d'un manuscrit fragmentaire du XIVè siècle, découvert fortuitement par le professeur Remco Sleiderink dans les archives publiques malinoises. Objectifs didactiques: apprendre comment on faisait des livres avant l'imprimerie, se servir des outils d'aide à d'exploitation des sources anciennes et aussi identifier "les ambiguïtés érotiques et les allusions politiques dans le poème" [1].

       Quel est donc le document qui peut alimenter de si palpitants cours d'histoire ou de langue ? Celui qui l'a mis au jour, spécialiste de la littérature en vieux et moyen néerlandais à l'alma mater louvaniste (Campus Brussel), en a fourni quelques clés dans la livraison estivale de la revue d'études médiévales qui porte justement le nom de Madoc [2]. Accompagné de Herman Mulder (Bibliothèque royale), il a trouvé le filon caché dans la masse des livres de comptes de la Ville de Malines. Y figurait un récit en vers de 1335 présentant des similitudes manifestes avec le très satirique Van den Vos Reynaerde de Willem (XIIIè siècle), adaptation libre du Roman de Renart. Parmi d'autres traits communs, l'auteur s'y moque de la comtesse Mathilde d'Artois qui menait en France un combat vigoureux pour la place des femmes dans les lois de succession.

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  • La thèse, l'image et la fête: un cocktail de fin d'études aux temps modernes

        En 1674, au cours d'un débat présidé par le philosophe et théologien Jean Lacman, l'étudiant Philippe Leerse défend ses travaux de fin d'études à l'Université de Louvain. Il les a dédiés à son protecteur Macaire Simeomo, abbé de Saint-Michel à Anvers, ainsi qu'en témoigne une affiche conçue par Erasmus Quellinus et gravée par Richard Collin. Des personnifications de la Logique, de la Physique et de la Métaphysique, jointes à un ange représentant l'Ethique, y entourent le candidat. Celui-ci s'incline respectueusement et tient une grande feuille contenant la dédicace. Les figures allégoriques présentent à l'abbé, siégeant sur un trône, les conclusions de la thèse inscrites sur quatre médaillons. Le postulant donateur est ainsi introduit auprès de son patron.

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  • Lisez, Eduard de Dene vous parle

       Que l'oralité ait été longtemps le mode principal de transmission de la littérature au plus grand nombre, on le sait assez. Les fêtes, les foires ou de grands événements tels que les Joyeuses Entrées offraient autant d'occasions de représenter des pièces de théâtre, de réciter des poèmes, d'interpréter des chansons, les œuvres en langue vernaculaire étant elles-mêmes bien souvent conçues à cette fin. Mais la diffusion des écrits hors des livres était loin de se limiter à ces seules performances. Pour illustrer les autres modalités en vigueur à l'aube des temps modernes, Samuel Mareel (museum Hof van Busleyden Malines, musée royal des Beaux-Arts Anvers, Université de Gand) s'est penché sur les chemins empruntés par les textes réunis dans le Testament rhetoricael d'Eduard de Dene [1]. Il s'agit d'une anthologie monumentale – environ 300 textes et 25.000 vers –, à la manière du Testament de Villon, d'un auteur célèbre notamment pour ses fables (De warachtighe fabulen der dieren). Né et mort à Bruges (v. 1505 - v. 1578), notaire et juriste, il était aussi membre de deux chambres de rhétorique, ces lieux, en plein essor dans les anciens Pays-Bas, où se réunissaient des écrivains et artistes d'un même métier ou d'un même quartier.

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