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Le passé belge

  • Guy de Brès, le ténor tragique du calvinisme

    PASBEL20180621a.jpg   Dans la nuit du 1er novembre 1561 à Tournai, un groupe d'hommes s'approche du château du gouverneur de Hainaut. Par-dessus le mur, vers la cour intérieure, ils lancent plusieurs exemplaires d'un livre dont l'auteur, Guy de Brès, fait partie de l'équipée. Objectif: que le roi Philippe II et sa gouvernante aux Pays-Bas Marguerite de Parme en reçoivent un exemplaire. L'ouvrage est intitulé Confession de foy, traduit en latin sous le titre Confessio Belgica. Il se veut un compendium de la foi des réformés, partiellement inspiré de la Confession française dite de La Rochelle. Dans une lettre d'accompagnement, des Tournaisiens gagnés à "la pureté de la doctrine" se plaignent des persécutions subies. "Nos ennemis vous ont rempli les oreilles de tas de faux rapports", écrivent-ils dans l'espoir d'être lus à l'Escurial.

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  • Un regard russe sur le front de l'Yser

    PASBEL20180614a.JPG   18 novembre 1914, dans la grande salle de la maison du Peuple de Petrograd. On donne la première d'une pièce de théâtre intitulée Anvers est tombée, mais la Belgique vit! La Brabançonne retentit plusieurs fois au cours de cette représentation dont les bénéfices, comme ceux de bon nombre d'autres manifestations, sont destinés à la population du "pays des héros". Une autre pièce, Pour le Roi, pour la Liberté et pour le Droit, due à Leonid Andreïev, est jouée dans la ville – qui vient d'être rebaptisée pour sonner moins "germanique" – avant de partir en tournée. Ici aussi, Brabançonne et ovations debout. L'ouvrage sera adapté au cinéma par le studio d'Aleksandr Chanzjonkov. Les poètes ne sont pas en reste. "Le flot de ce temps et de la mort emporte tout / Mais sur terre ne disparaît pas la mémoire / de ce petit peuple et d'Albert / Le roi héroïque de ce peuple", écrit le jeune Georgy Ivanov sous le titre Belgique. L'admiration d'un autre écrivain, Aleksandr Petrov, pour le roi Albert est telle qu'elle le détourne en 1914 de ses sympathies pour la gauche (extrême).

       C'est dans ce contexte de grande empathie et d'admiration que s'inscrit la mission d'information du capitaine Andrej Prezjbjano (1885-1963), futur lieutenant-colonel, issu des chevaliers-gardes du Tsar, envoyé dès septembre auprès du quartier général de l'armée belge alors replié à Anvers. Wim Coudenys, professeur à la Katholieke Universiteit te Leuven, spécialiste de l'histoire russe et européenne, l'a suivi à la trace – et parfois perdu de vue [1]. De ses mémoires, confrontés avec d'autres sources, ressort un regard particulier sur l'embrasement sans précédent de la Grande Guerre et sur la résistance "d'Albert et son peuple", bientôt confinée entre l'Yser et la mer.

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  • Un village des dunes à Coxyde

        Si les ruines et le musée de l'abbaye Notre-Dame des Dunes, fondée au début du XIIè siècle, attirent de nombreux visiteurs, bien peu savent qu'un village s'est aussi élevé dans son voisinage, en d'autres temps et lieux que la localité actuelle de Coxyde. A la différence des fondations et des dépendances de l'impressionnant complexe cistercien, la bourgade médiévale ne révèle que peu à peu ses vestiges sous les pelles et les piochons des archéologues. Constituée autour d'une petite cour seigneuriale, elle se trouvait dans les dunes, à partir de 300 mètres de la limite séparant celles-ci des polders. Un embranchement disparu de l'Yser, débouchant dans la mer du Nord, passait par là. Les habitations, suppose-t-on, devaient être de type rural et dispersées.

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